26 février 2008
Psychosomatique ?
A notre naissance, nous avons hérité, dans notre ADN, de toute l’histoire de notre famille et, bien entendu, de la nôtre, celle qui nous suit et s’enrichit de vie en vie.
Nous sommes donc inévitablement porteurs de blessures fort anciennes et non soignées. Nous nous plaçons devant des gens et des situations qui vont nous « rappeler » ces traumatismes et nous inviter à en prendre conscience afin de nous en épurer, souvent dans la douleur.
Nous
pouvons aussi avoir à régler un problème familial que nous ne connaissons même
pas, du moins consciemment, afin de ne pas « attraper » la maladie
que l’on dit héréditaire, et d’en délivrer les générations futures. Par
exemple, le diabète. Conflit de répugnance avec résistance du parent, de l'ancêtre :
« Je ne veux pas faire cela car ça me répugne ! » (que ce soit
vrai ou non, seule la croyance fonctionne ici).
La mère communique toutes ses émotions avant même la naissance de son enfant: sa peur de la mort (poumon), sa colère (vésicule biliaire), sa dévalorisation (os, ligaments...),…
Les enfants, arrivant avec leurs bagages propres, vont réagir différemment les uns des autres. L’enfant rebelle prendra le contre-pied : il sera médecin (pour soigner ses ancêtres) ou drogué (puisque la vie est si triste, échappons-nous !) ; le soumis, lui, adoptera le comportement transmis par ses parents (dévalorisation).
Dans tous les cas, il est là dans un premier temps pour renforcer les croyances qu’il transporte avec lui depuis des lustres. Il ne les remettra en cause que s’il prend conscience qu’il a un travail sur lui-même à faire afin de vivre SA vie en toute indépendance, physique et morale.
En attendant, toutes ses blessures se sont incrustées dans son corps comme une empreinte dans la boue. Aussi, comme le cerveau ne sait pas distinguer le vrai du faux, il va, lorsqu’un événement se présente, faire le lien avec une autre histoire déjà vécue, même si les circonstances sont différentes, et même si, cette histoire, il la « vit » au cinéma. Je connais ça ! crie-t-il sans analyser davantage la situation. Il déclenche les signaux d’alerte : d’abord un malaise, une émotion… S’ils ne sont pas entendus, il profite d’une autre occasion pour déclencher les symptômes, puis enfin la maladie elle-même.
On parle de maladies psychosomatiques. Il faut élargir la signification de ce mot.
Nos pensées, nos croyances, sont une des causes essentielles de la baisse de notre système immunitaire. Le programme transmis par nos ancêtres en sont d'autres. Viennent ensuite les facteurs aggravants, les situations dans lesquelles on se place (ou que l’on ne cherche pas à éviter) et qui vont contribuer à renforcer les croyances et l’appel au secours : tabac, alcool, café, gestes manqués, alimentation désorganisée…
La nature, le sort, le hasard ou Dieu n’y sont pour rien. Nous sommes seuls responsables de nous-mêmes, de notre libération. Dieu respecte notre liberté et ne se donne pas le droit d’intervenir pour réparer nos bêtises ! Au train où ça va, Il y passerait l’éternité d’ailleurs…
24 février 2008
Temps, Espaces et Création
1°) LE TEMPS
“L’Origine des Temps
est toujours présente, sinon rien ne se maintiendrait.” dit Schwaller de
Lubwicz. Les temps qui passent ne s’éloignent pas de leur Origine commune, le
point zéro. Les Temps, ce sont le passé, le présent, le futur, mais aussi tous
les temps de tous les espaces. Le temps sur Mars ou sur Orion n’est pas le
même. Le temps d’une autre galaxie est différent du nôtre. Et celui de mon
voisin est différent du mien.
Et si l’Origine de
ces temps-là se maintient, cela signifie bien que le temps n’existe pas. Il est
totalement illusoire, il est création de l’esprit pour expérimenter la matière
qui, elle aussi, est création de l’esprit.
Le passé n’existe
pas, seul l’esprit le maintient. Pourtant, il n’est plus.
Le futur n’existe
pas. Seul l’esprit le crée. Il vit souvent dans ce futur qu’il craint et
“invente” à la fois, pour échapper au Présent.
Car il a peur du
présent. Pourtant, dans ce présent, il y a et le passé, et le futur, et aussi
tous les temps de toutes les galaxies. C’est pourquoi il est possible de se
promener dans les espaces-temps, puisque tout se produit toujours en même
temps. Les schizophrènes s’y réfugient. Les “voyants” – les vrais, refusent de
donner la date d’un événement. Cela est correct puisqu’ils accèdent à cet
“espace” où tous les temps se rejoignent.
Pourtant, tout n’est
pas écrit. Ces espaces-temps sont mouvants, ce sont des énergies sans cesse en
mouvement. Tout n’est pas écrit, et tout est écrit. Dans ce magma de
potentialités, chacun va puiser en fonction de ce dont il a besoin.
Mais ce “chacun” est
l’ego, pas l’Esprit. Alors l’ego va choisir dans le tout possible, l’amener à
la réalité: la pensée, l’écriture, le dessin, le geste créent. Une lettre est
une onde de forme qui vibre à une certaine fréquence. Tout est vibration, tout
est énergie, et l’énergie se mainfeste lorsqu’on l’appelle.
L’ego n’invente pas
(on dit cependant de quelqu’un qui trouve un trésor qu’il en est l’inventeur),
mais il va chercher dans ce tout possible ce qui lui correspond: confrontation,
violence, intimidations, relations houleuses, obstacles divers et variés, et
parfois plaisirs, relations sympathiques, enfance heureuse... Mais l’ego ne peut créer que de l’illusoire
auquel, pourtant, l’esprit s’identifie en se laissant prendre au piège de la
matière.
2°) LA CREATION
Aussi est-il très
important de surveiller nos pensées, nos paroles, nos actes, mais aussi toutes
nos créations. Les photos d’Emoto, célèbres dans le monde entier, montrent de
façon irréfutable le poids des mots. Il a écrit sur des bouteilles remplies
d’eau différents mots, négatifs sur certaines, positifs sur d’autres. Puis il a
gelé l’eau de ces bouteilles et en a étudié les cristaux. L’effet est
surprenant et peut-être vu sur son site. Les cristaux qui ont reçu un message
négatifs sont laids et difformes. Les cristaux qui ont reçu un message positif
sont bien dessinés, brillants, réguliers.
Notre corps, nous le
savons, est fait de 75 à 80% d’eau. Nous l’empoisonnons littéralement par nos
pensées négatives. Mais aussi par nos lectures, les films de violence, les
musiques disharmonieuses, les tableaux qui reflètent des scènes sombres ou
guerrières...Derrière un mot –onde de forme - inscrit dans une grille de
mots-croisés se cache un concept. Et du concept naît une réalité. Même
relative, même illusoire, est-il bien nécessaire de la créer ?
Les films de
science-fiction ne sont pas inventés. Leurs auteurs accèdent à d’autres
espaces-temps et amènent sur la Terre les événements qu’ils décrivent. C’est ce
qu’on appelle l’imagination. Ils invitent par là même les personnages qu’ils
pensent créer. Cela n’est peut-être pas vraiment souhaitable, étant donné le
genre de fréquentation qu’ils ont...
Même si la situation
paraît particulièrement difficile en ce moment, dans quelque domaine que ce
soit, il est important de créer par la pensée, la parole, le geste,
l’écriture... le bon, le beau, le positif, l’harmonieux, pour créer en peu de
temps un monde équilibré, aimant, lumineux. Tant de gens aspirent à ce monde
qu’il finira bien par se manifester !
Principe féminin, principe masculin
Principe féminin ne signifie pas systématiquement femme, principe masculin ne signifie pas obligatoirement homme. Il existe des femmes à principe masculin (PM) et des hommes à principe féminin (PF). Là encore, cela ne signifie pas non plus – bien que cela soit possible - qu’il y ait homosexualité.
Nous avons les deux natures en nous. Lorsque Dieu créa Adam, dit la Genèse, « Il les créa mâle et femelle ». Adam portait à la fois les deux principes. Mais il n’a pas reconnu son aspect féminin. De ce fait, Dieu lui « donna » une femme, un aspect féminin, afin qu’elle lui montre le chemin de sa propre féminité (Annick de Souzenelles, Le Féminin de l’Etre). Bien sûr, tout ceci est symbole, allégorie. Mais ceux qui connaissent le poids des symboles dans nos sociétés comprendront l’importance de ce Livre de la Création. Tout est symbole dans l’Univers, jusqu’aux nombres eux-mêmes.
Pourtant, nous sommes constamment à le recherche de notre « moitié » à l’extérieur de nous. Il serait sage de commencer par la trouver en nous-mêmes, ce qui aurait comme effet de nous équilibrer, avant de la rechercher à l’extérieur. Ainsi, lorsque nous nous mettrions en couple, ce ne serait pas pour nous appuyer sur l’autre, mais pour cheminer de concert, dans une relation enrichissante. Le monde ne s’écroulerait pas lorsque l’autre déciderait de poursuivre ailleurs son chemin.
Cela ne signifie pas pour autant que la femme doit trouver en elle son principe masculin, et l’homme son principe féminin. Une femme peut ne pas avoir de problème avec son PM et avoir des difficultés de communication avec son PF (peur d’être féminine). Idem pour un homme. A chacun de comprendre où est le problème et de faire se retrouver en elle ou en lui les deux amoureux : la Princesse et le Prince, jusqu’à les réunir, jusqu’à les unir.
Le principe féminin, c’est avant tout l’intuition. Le féminin reçoit les informations d’En Haut. Sans connotation religieuse. On observe que l’intuition ne ment jamais, qu’elle nous pousse à agir d’une certaine manière. Parfois, elle est une voix impérative ou discrète, une sensation, les poils qui se hérissent, un flash, une idée totalement loufoque qui tourne de façon obsessionnelle jusqu’à ce que nous y prêtions attention.
Les premiers prêtres étaient des prêtresses. Les femmes (à PF) ont la communication avec l’Etage au-dessus, avec le Ciel. Elle sont dans la réception.
Il existe bien des hommes qui n’ont pas peur et reconnaissent leur principe féminin en eux : ces hommes-là sont souvent plus doux, plus calmes, attentifs, et intuitifs. Ils sont à principe féminin. C’est le cas du gaucher (PF de conception), mais aussi du droitier qui, par pression, bascule du côté féminin. Qui n’a pas entendu parler de ces seconds fils du royaume, entouré de femmes, pour leur enlever toute envies d’accéder au trône royal ?
Ces hommes vont souvent chercher des femmes à PM, énergiques, directives, et parfois étouffantes. Ce sont des papas-poules qui se laissent vivre, dans une certaine harmonie.
Mais il en existe aussi qui ont si peur de leur féminin qu’ils en deviennent d’horribles machos, pensant se suffire à eux-mêmes, et traitant les femmes comme des « moins que rien ». Ils projettent sur les femmes leur peur magistrale de leur aspect féminin.
Le féminin, c’est l’obscurité, le mystère, la lune, la nuit, le froid, la grotte... Le féminin fait peur car il est le monde de l’invisible.
Le principe masculin est conçu pour recevoir du principe féminin les informations et pour agir en conséquence. S’il veut agir seul, il s’ensuit des guerres, des conflits de toutes sortes, la destruction, la violence.
Le PF est fait pour recevoir l’intuition, le PM pour agir en fonction de cette intuition.
Et l’intuition ne peut pas engendrer la guerre !
Les femmes sont à PM par la conception : ce sont les gauchères, qui se sentent plutôt bien dans le monde masculin. Souvent sportives, elles sont faites pour performer et savent tout aussi bien se réserver des plages de repos, de réceptivité. Elles ne comprennent pas la passivité (relative) des droitières, elles qui avancent avec tant d’énergie et de compétences !
On peut être PM également par la pression : c’est le cas des femmes propulsées au pouvoir qui se retrouvent dans un monde macho. Elles y prennent goût et ne veulent plus revenir dans leur monde féminin. Alors elles vivent en compétition avec ce monde de machos, et ne peuvent plus baisser la garde. Elles sont parfois pires que les hommes car elles ont toujours quelque chose à leur prouver pour se maintenir dans leur monde. Ils ne leurs feront pas de cadeau, et elles le savent !
Le masculin, c’est le soleil, la gloire, le jour, la chaleur, tout ce qui est visible.
Enfin, une femme à PF peut passer de l’un à l’autre tout au long de la journée. En fonction des difficultés rencontrées, elle devra forcer sa nature pour performer un temps, pour finir la journée fatiguée.
Ces critères ont été bien définis dans le stage « Cerveau gauche/cerveau droit » de l’Institut Mayol. Il permet de se situer personnellement, puis de repérer le fonctionnement de l’entourage familial, professionnel... Une fois repéré ce fonctionnement, il devient plus aisé de gérer les relations en prenant en compte le positionnement spatio-temporel des différentes positions neuro-sociologiques : gauchère – gaucher, droitière - droitier.
21 février 2008
Le nouveau jour
Ne
cherche pas le jour, il n’est pas encore né,
Et
pourtant, comme toujours, il te faut te lever.
Dans
une poignée d’heures, il sera terminé.
Qu’aura-t-il
apporté au monde fatigué ?
Es-tu
sûr qu’il viendra, ce jour que tu redoutes ?
Il
te faut te lever, il te faut travailler,
Et
puis un jour, la vie, il te faut la quitter.
Ce
panier d’ «Il faut que », combien cela te coûte ?
Petit
robot de fer, voudrais-tu le goûter,
Toi
qui, par le réveil, lui donne ses limites ?
Est-ce
que tu le mérites, lui qui sitôt te quitte ?
Ce
jour est fait pour toi ; tu ne peux le prêter .
S’il
ne t’apporte rien, observe-le donc bien.
Tu
n’as jamais le choix, c’est là ce que tu crois,
Et
comme chacun de nous, tu dois porter ta croix.
Arrête-toi
un peu, car ce jour est le tien.
Attend
avec respect le temps de sa naissance,
Jour
d’hiver ou d’automne, de printemps ou d’été,
Laisse
ton savoir, acquiers la connaissance,
Car
lui seul peut t’apprendre ce qu’est l’éternité.
La clé du château
Si
seulement j’avais, par un si doux été,
Cueilli
la rose rouge et embrassé l’élu,
L’année
d’après, j’aurais mariage fêté.
Mais
hélas, à la place j’ai lu,
Etudié,
réfléchi, vécu comme un ermite,
Dans
cet appartement, j’ai refait l’univers,
Mais
ne pourrais offrir qu’une poignée de vers,
Je
ne puis honorer une simple visite.
Pourtant
je me complais dans cette vie austère,
Pas
de vin ni d’alcool, pas même de café,
Le
ménage est à faire et le lit est défait,
On
croirait à me voir que je marche à l’envers.
Richesse
et liberté sont mes grandes amies,
J’ai
de l’or plein le cœur, la lumière dans les yeux
Je
fréquente en haut lieu la demeure des dieux,
Parcourant
à l’envi les espaces infinis
Un
ange lumineux me montre la beauté
Que
mes yeux aveuglés ne sauraient percevoir,
Il
te faut, me dit-il, apprendre à recevoir
L’abondance
et l’amour, la paix et la santé.
L’Arbre
de la Vie est gardé par un ange,
Il
brandit une épée, et protège l’accès ;
Tu
ne peux l’approcher tant que tu n’es pas prêt.
Tu
dois chercher la clé dans un lieu bien étrange.
Il
te semble pourtant connaître ce mystère,
La
clé n’est pas cachée, elle est si près de toi,
Aimé,
cherche-là encore car elle est sous ton toit,
Elle
seule te conduira à la Divine Terre.
Longtemps
je l’ai cherchée, la clé du paradis,
Malgré
tout, je savais qu’elle n’était pas très loin,
D’un
regard intérieur, j’ai fouillé les recoins,
Les
êtres de Lumière un jour me l’avaient dit.
C’est
là qu’un beau matin, mon cœur s’est entrouvert,
L’ange
près de l’Arbre a baissé son épée,
J’ai
vu le paradis d’une divine beauté,
Et
les anges chantaient de magnifiques vers.
L'Oiseau Bleu
Dans
les feuilles d’un chêne pleure l’oiseau bleu
Et
son chant mélodieux n’attire plus personne.
Dans
la ville bruyante, un inconnu fredonne
La vielle
chanson de son cœur malheureux
L’être
solitaire refuse de ce monde
Le
hurlement des loups disputant un cadavre
C’est dans son cœur blessé qu’il recherche le havre
Mais
il pleure sa misère dans une nuit profonde.
Un
jour se fait plus fort le chant de l’oiseau bleu.
Dans
la ville stressée, il ne l’entendait pas,
Il
survivait à peine, et ne le savait pas.
Pourtant,
comme chacun, il faisait de son mieux.
Puis
enfin il partit, l’oiseau montrait la voie.
Ce
fut un long chemin, le courage manquait,
L’océan
lui fit face, il resta sur le quai ;
Le
chant le réveilla, lui redonna la foi .
Il
embarqua alors sans savoir où aller.
Il
observa de près le vol des goélands,
Et
ce fut à son tour de prendre son élan.
Au-dessus
de la mer, il lui fallait planer.
Epris
de liberté, il se sentait radieux.
Il
commença les vrilles, les accélérations,
Et
même les loopings devinrent une passion.
Il
entendait l’oiseau et son chant mélodieux.
Ses
ailes grandissaient, il devenait plus fort,
C’est
alors qu’il cessa de vouloir à tout prix,
Du
chant de l’oiseau bleu, son cœur était épris,
Il
découvrit l’Amour, arrêta ses efforts.
Sa
conscience éclata dans la lumière des dieux,
Il
était l’Univers et il était la Vie,
Et
le ciel et la terre se retrouvaient en lui,
Le chant de l’oiseau bleu résonnait dans les cieux.
Les larmes de l'amour
Peuples
en esclavage, sous le joug du Satan,
Corps
égarés, errant dans l'espace et le temps,
Ames
traînantes, desséchées dans la plaine,
Sol
brûlant, désert de feu, terre de Géhenne,
Peuples
misérables, ne voyez-vous donc pas?
Vous
souffrez mille peines jusqu'à votre trépas.
La
peur est votre amie, l'argent votre passion.
Famille
désunie n'est que désolation.
Posséder
est un bien, mais n'est pas suffisant.
Cessez
donc de courir, arrêtez un instant.
Bonheur
inaccessible, le croyez-vous vraiment?
C'est
dans le lâcher-prise qu'il faut être maintenant.
Vous
étouffez l'oiseau dans votre poing fermé.
Ouvrez
la porte de votre cœur, Biens Aimés,
Ne
tuez pas l'amour en le mettant en cage,
Ne
gardez pas la vie dans l'eau des marécages.
Dégelez
votre cœur, vivez dans le courant
Tumultueux,
généreux et limpide du torrent.
L'eau
de la rivière vous montre le chemin,
Au
pays du bonheur, vous conduira demain.
...
Ou peut-être aujourd'hui, mais acceptez les larmes
Qui
ramènent à la Source, et enterrez les armes.
Revenez
dans mes bras, enfants de la patrie,
Du
jardin de l'Amour, du jardin de la Vie.
Les barreaux aux fenêtres
Je
suis dans mon cerveau. Il est confortable et douillet. Sur le canapé, il y a
des coussins de couleur. Un joli tapis couvre le sol. Il est bien meublé, des
tiroirs partout, et même un ordinateur.
Mais
il y a des barreaux aux fenêtres.
Il
est chaleureux. J’y accueille les idées nouvelles que je range dans les
tiroirs. Certains sont un peu rouillés. Je ne sais plus trop ce qu’il s’y
trouve. Ils sont là, cependant, pleins de vieux souvenirs.
Mais
il y a des barreaux aux fenêtres.
Entourée de mes objets familiers, je m’y sens en
sécurité. Les coussins de mes habitudes sont larges, chauds et moelleux.
Mais
il y a des barreaux aux fenêtres.
Dans un coin, une petite porte donne
sur je ne sais quoi. Peut-être la pousserais-je un jour, car
Il
y a des barreaux aux fenêtres.
Et puis tiens, voilà ! Je pousse doucement la
petite porte qui grince légèrement. Je regarde derrière moi mon univers
douillet, sécurisant. Puis devant. Une brume bleutée occupe le volume. Je ne
vois pas le plafond. J’avance à petits pas. La porte derrière moi se referme.
Je regarde en arrière, puis à nouveau devant moi. La brume un peu s’estompe, et
je vois
des
barreaux aux fenêtres.
Je retourne en arrière et ouvre la petite porte. Un
grand vent de brume pénètre mon cerveau. Je le croyais seul et m’en découvre
deux. Je suis bien dans mon petit cerveau. Je respire un grand coup. Il est
confortable et douillet. Il y a maintenant une brume légère, et toujours
des
barreaux aux fenêtres.
Alors je pousse à nouveau la petite porte. Que faire
de cet espace ? Les barreaux aux fenêtres me sécurisent. Pourtant, il
souffle comme un petit vent de changement. Je ne peux rien apporter d’à-côté,
la porte est trop étroite.
Et
il y a des barreaux aux fenêtres.
Puis, un jour, je m’approche des barreaux aux
fenêtres. Dans un geste insensé, guidé par je ne sais quoi, je me glisse avec
peine entre deux barreaux. Je me cramponne à l’un d’eux pour ne pas tomber. Mon
cœur bat très fort. Tiens ! J’ai un cœur ! A quelques centimètres
sous mes pieds, l’herbe est fraîche, verte et bien grasse. J’avance doucement
le pied et, sans lâcher mon barreau, je touche le sol. L’autre pied rejoint le
premier. Devant moi, un grand pré aux fleurs multicolores s’étale au soleil.
Soleil ? oh, non ! Il n’y a pas de soleil. Pourtant, il y a beaucoup
de lumière. J’irais bien voir plus loin mais…
il
y a des barreaux aux fenêtres.
Il s’est fallu longtemps avant que ma main quitte le
barreau de la fenêtre. Quelques pas dans le pré… Il fait bon. C’est si beau. Je
regarde derrière moi et vois
les
barreaux des fenêtres.
J’avance doucement, jusqu’à un arbre au tronc
puissant. Je monte dans ses branches et me blottis dans son cœur. Sa ramure me
protège comme autant
de
barreaux aux fenêtres.
Je prends goût à l’espace, et redescends bientôt.
Traversant le pré, je rejoins la forêt. D’un coup d’œil en arrière, j’aperçois,
à la droite du bel arbre,
les
barreaux aux fenêtres.
La forêt est vivante. Mille bruits m’interpellent. Je
frissonne, et pourtant, les arbres me sont
des
barreaux aux fenêtres.
La forêt est douillette, les arbres confortables, la
nourriture abonde : baies et plantes sauvages changent mes habitudes. Je
peux encore retrouver mes coussins moelleux et mon ordinateur.
Mais
il y a des barreaux aux fenêtres.
J’arrive maintenant à la lisière de la forêt. Ma main
cramponne une branche d’arbre comme le barreau de la fenêtre, tandis que je
regarde l’étendue de sable devant moi. Je cligne des yeux tant il y a de
lumière. Je n’oserais jamais ainsi m’exposer… Devant quoi ? devant
qui ? Comme le sable doit être chaud, l’étendue infinie,
sans
barreau aux fenêtres.
Oh oui ! Comme le sable est chaud et
douillet ! Et puis, je vois toujours les barreaux de la forêt. J’avance
lentement, puis plus vite, et me mets à danser. L’ivresse me prend, et je
tourne et je tourne encore, virevolte comme le vent. Essoufflée, je m’arrête.
Il n’y a plus
de
barreaux aux fenêtres, il n’y a plus les barreaux de la forêt. Il n’y a plus de
forêt. Folle que je suis ! Où est-il mon petit cerveau confortable et
douillet
Avec
ses barreaux aux fenêtres ?
Ici, plus rien. Le sable chaud, l’étendue infinie. Le
ciel s’obscurcit et je me sens bien seule. Je marche dans la nuit, sans étoile,
sans lune, et je tombe dans un puits. Et là, assise au fond du puits, avec les
pierres comme barreaux aux fenêtres, je pleure et pleure encore. Fini le
cerveau confortable et ses coussins colorés, finie la brume bleutée et
ses
barreaux aux fenêtres,
finie
la clairière et son arbre puissant, finie la forêt et ses arbres barreaux. A
moi l’espace infini ! A moi l’espace infini ? Eh ! Mais
oui ! Je remonte à l’air libre, et sans même regarder en arrière les
barreaux de pierre du puits, je poursuis ma route. Seule, sans repère, et riche
d’un espace infini. Là, je ne fais plus l’espace, je ne l’occupe plus. L’espace
me fait, l’espace m’occupe.
Sans
barreaux aux fenêtres.
Il n’y a
plus de barreaux, il n’y a plus de fenêtres. Il n’y a plus de moi, il y a juste
l’espace. Maintenant, devant moi, s’ouvre une oasis. Rêve ou réalité ? Les
rêves sont encore
des
barreaux aux fenêtres.
J’approche des palmiers. Voilà de beaux barreaux. Un
jeune palmier sur moi se penche et me souffle à l’oreille comme un vent de
fraîcheur : « racines, racines… ». L’eau limpide de la rivière
murmure à mon oreille : « J’arroserai toujours ! Viens boire à
ma source ! ». Je ne veux, répondis-je, m’enraciner, et vous en
remercie. Car je ne veux plus jamais remettre des barreaux à mes fenêtres. Je
n’ai plus ni maison, ni fenêtre, et suis libre comme le vent.
« Traversant le désert, murmura la rivière, tu
t’es fondue dans l’espace de sable et d’air. Ta fuite ici s’achève. Il est
temps maintenant de lâcher ton cerveau inconscient. Construis ta maison par les
cinq éléments. La terre accueille tes racines que j’arrose, avec amour et
compassion. Bien ancrée dans le sol, la plante s’épanouit et grandit dans la
lumière et le vent de la liberté. L’éther te transmet l’harmonie de l’univers,
la paix et l’Amour du Tout-Puissant. Le veux-tu ?
Oui, je le veux ! répondis-je. Aussitôt des
racines sortent de mes pieds et s’enfoncent dans le sol, loin, très loin
jusqu’au centre de la terre. Me croyant à nouveau entourée de barreaux, je
n’ose plus bouger. Alors le vent me pousse et me bouscule. Je lève un pied pour
garder mon équilibre… et me mets à danser. Plus légère que jamais, je deviens
l’Amour, chaud, douillet, humide et confortable. « Va ! me dit le
vent. Va ! Poursuis ta route maintenant. » Alors sans sandales ni
besace, je retrouve le désert. J’emporte avec moi mes racines et les cinq
éléments.
Vivante, je me sens merveilleusement vivante. A
nouveau dans l’espace infini, j’aperçois au loin un cavalier ailé. Il ne
s’approche pas. Toujours là cependant, il suit le même chemin. Un jour, je lui
fait signe. Et je vois arriver un bel ange blanc au sourire divin. « Je
suis ton compagnon et serviteur, me dit-il. Si tu le désires, nous pouvons
cheminer ensemble, en parlant, en chantant, ou en silence, comme il te plaira.
« Fidèle ami, lui répondis-je, mon cœur te reconnaît. Je me croyais si
seule, mes barreaux aux fenêtres, dans mon cadre douillet et confortable, et
mon cœur, maintenant, m’avoue ta présence silencieuse, amoureuse et
discrète. »
« Toujours à tes côtés, répondit l’ange, je te
suivais pas à pas, attendant patiemment l’ouverture de ton cœur. Le jour fut
béni où tu as quitté ton cerveau et ses barreaux aux fenêtres, et celui aussi
où tu es descendu jusqu’au puits de ton cœur. Le temps viendra bientôt où nous
pourrons, si tel est ton désir, nous unir à nouveau. »
Cheminant côté à côté, nous voilà arrivant à une
nouvelle oasis. De belles musiques se font entendre, flûtes et tambours
chantent joyeusement. A peine arrivée, deux jeunes filles m’emmènent en riant.
Elles me vêtent des plus beaux habits et de somptueux bijoux, et me mènent à la
noce. A la noce de qui ? demandai-je ravie. Et dans un rire divin, elles
m’entraînent et me posent à côté de mon bel ange blanc. Nous nous regardons.
« Le veux-tu ? », me demande-t-il ? « Je le veux ! ».
Nos deux mains se rejoignent et nous fusionnons. Des cris de joie s’élèvent, et
des chants d’allégresse. Puis le vent délicat murmure à mon
oreille : « Ne t’arrête pas, surtout. Va vers la Montagne
sacrée. »
Alors nous reprenons la route, le chemin invisible du
désert silencieux. Mes pieds caressent la terre, le vent léger chante dans mes
cheveux. La montagne à l’horizon se dessine, majestueuse. Ne t’arrête pas, me
chuchote le vent. Ne t’arrête pas. Après quelques efforts, j’arrive au bas des
marches. Mon ange à l’intérieur me demande : « Le
veux-tu ? » Je lève alors les yeux et, me rappelant les paroles du
vent, je réponds fermement : « Je le veux ! ».
Je monte la première marche et comprends : il n’y
a jamais eu
de barreaux aux fenêtres.
Je veux regarder une dernière fois en arrière et
j’entends : Non ! Un « Non » d’amour et d’espoir qui me fit
lâcher mes dernières attaches,
les
barreaux cachés de mes dernières fenêtres.
Plus ancrée que jamais, légère comme la plume au vent,
je gravis aisément les deux marches restantes et la pente douce de la Montagne
sacrée. Je suis rempli de joie et d’amour et de paix. Mille rayons d’or fusent
de mes mains. Une musique céleste m’accueille au sommet, des anges blancs
m’entourent, et le vent à mes oreilles murmure : « Ne crains pas
maintenant ce que je vais te dire : il te faut retourner sur la terre.
N’oublie cependant jamais cela : il n’y a jamais eu
de
barreaux aux fenêtres.
Garde
ton cœur ouvert. L’Univers t’appartient désormais. »
Alors en soupirant je regarde à mes pieds et ramasse
un objet :
un
petit barreau d’or dans un cadre doré !
17 février 2008
Ni bien ni mal
Crées à l’image et à la
ressemblance de Dieu, nous sommes parfait comme Lui est parfait. Dieu ne peut
que créer la perfection, et donc Il ne peut que créer l’Amour. Parfait, la
femme et l’homme ne peuvent, également, que créer l’Amour.
Quand on regarde autour
de soi, cette affirmation a de quoi choquer. Pourtant, elle est admissible si
l’on accepte l’idée que le Bien et la Mal sont un concept permettant de classer
les pensées et les actes en fonction du système de pensées de notre société, et
de notre conditionnement. D’un bien peut naître un mal, et d’un mal peut naître
un bien. Ce qui est bien pour une femme, un homme ou une société, peut être un
mal pour une autre femme, un autre homme ou une autre société. Ce qui est bien
un jour, ou un siècle, peut être mal le lendemain, ou le siècle suivant. Ces
deux notions sont très relatives.
A partir du moment où
l’on crée le concept de bien et de mal, on crée le jugement. Il est donc
fonction, lui aussi, de notre conditionnement et, de ce fait, toute la
« justice » dépend du même système de pensées. Le mal, c’est ce qui
est défendu par le droit, la morale, la religion. Mais le bien n’est pas pour
autant ce qui est autorisé, et il faut parfois faire ce qui est défendu pour
qu’en sorte un bien.
Conformément à la loi de cause à effet, on voit bien que,
si l’on agit de telle manière, l’effet produit sera le chaos et la souffrance,
et si l’on agit autrement, ce sera le plaisir. Parfois même, une même action
provoque le malheur pour l’un et le plaisir pour l’autre. Or le plaisir comme
la souffrance ne sont ni bien ni mal. La notion de bien et de mal est un
garde-fou, et en cela, elle est nécessaire à un moment donné. C’est une loi
sociale qui permet de vivre à peu près en bonne intelligence. Il suffit pour
cela de provoquer un consensus à peu près général quant à la définition de ce
concept.
Le sage s’en affranchit. Il ouvre son esprit sur l’espace
infini, et trouve la liberté dans les grandes lois universelles. Il ne le
focalise par sur un système complexe de règles sociales plus ou moins
efficaces. Les choses sont ce qu’elles sont. Pas de concept, pas de jugement.
Il ne démissionne pas pour autant. On peut s’investir sans juger, agir sans
critiquer. Développer l’amour et la compassion est un art, une occupation
quotidienne, un engagement de chaque instant.
La perfection n’est pas
synonyme de bien. Elle est, c’est tout. Il n’est pas possible, selon notre
entendement, de définir cette notion. Ce serait la conceptualiser. Pourtant,
chaque être humain la recherche, consciemment ou non. En fait, nous recherchons
ce que nous avons en nous, de toute éternité, et que nous croyons avoir perdu.
Nous sommes nostalgiques du paradis et pourtant, il est là, juste derrière la
porte de notre cœur .
Nous avons été crées parfaits, mais nous n’avons pas
conscience de l’être. La notion du bien et du mal que nous avons créée en nous
croyant séparés de Dieu et un voile qui obscurcit notre vue et nous empêche de
Le contempler à nouveau. Du coup, il nous faut nous conformer aux lois de la
matière, jusqu’au moment où nous en avons assez de suivre le cycle des
naissances et des morts. La souffrance que nous y trouvons nous permet de
prendre conscience de notre divinité. Il n’est plus nécessaire alors de
maintenir le voile de l’ignorance.
Esprit parfait, nous sommes aussi un corps parfait.
Esprit de lumière, débarrassés de nos créations hasardeuses, nous pouvons
pleinement pénétrer la matière, si nous la considérons elle aussi comme
parfaite. Nous la transcendons. Nous avons malheureusement créé la notion de
corps parfait à partir d’un concept d’esthétique complètement artificiel,
variable selon les siècles et les civilisations, et nous rejetons ou méprisons
tout ce qui ne rentre pas dans ce moule. Ainsi, esprit voilé et corps méprisé connaissent
la souffrance, jusqu'à la prise de conscience que la cause de la souffrance
n’est que le refus de voir la perfection et de reconnaître notre droit à
l’héritage divin, à l’Eveil, et au pouvoir créateur.
Des siècles de culture judéo-chrétienne nous ont inculqué
que le corps est impur et objet de péché. Or nous créons notre corps, soit en
utilisant une notion confuse et réductrice du bien et du mal, soit en utilisant
notre pouvoir divin de créer la perfection. Si l’esprit est clair, le corps sera
clair. Si la vue est pure, l’être vivant pourra voir la vie telle qu’elle est
réellement, la pureté, la perfection. Alors il échappera au cycle des
naissances et des morts, sauf à vouloir vivre ces souffrances pour le biens de
tous les êtres. Jésus et Maire ont transcendé la matière, ils sont montés au
Ciel , ils ont rejoint d’autres niveaux de conscience avec leur corps physique,
pour nous inviter à les suivre, jusqu’au bout, jusqu'à la Réalisation du
Corps-Esprit, jusqu'à l’union du Ciel et de la Terre.
Il
nous faut pour cela reconquérir notre corps, remercier chaque être qui le
compose, et l’encourager à manifester la perfection en lui faisant confiance.
Il est le Temple de l’Esprit. Il est resté plus proche que notre esprit de la
nature divine et parfaite. Esprits éclairés, nous pouvons à nouveau nous unir à
lui et retrouver notre place auprès de Dieu, au paradis terrestre.
La légende de Pierre le Bienheureux
Pierre
se promenait dans une épaisse forêt qu’il connaissait depuis toujours. Il
éprouva l’envie de se reposer un moment. Il rejoignit donc la clairière au cœur
de laquelle trônait un magnifique cèdre. Il caressa l’énorme tronc avec amour,
comme pour prévenir la masse imposante de sa présence, l’amadouer, afin de
pouvoir se blottir contre lui. Il resta un instant immobile, la joue et les
paumes des mains collées au tronc chaud. Il sentait battre le cœur de l’arbre
et, sous ses doigts, circuler le sang régénérateur.
Pierre
s’écarta ensuite de ce tendre protecteur pour se coucher à ses pieds, la tête
appuyée contre la racine de ses membres qui pénétraient la terre, puisaient la
force de vivre au sein de la mère nourricière. Il respira profondément, ferma
les yeux, captant les vibrations du sol dans son dos. Il sentait l’énergie de
la terre monter le long des racines en envahir le tronc. Peu à peu, il devint
lui-même énergie. Il lui semblait que ses atomes se détendaient, s’écartaient
les uns des autres. Il se fondait dans la racine, passait dans le tronc,
occupait le cœur de l’arbre. Il devenait le cèdre majestueux, il devenait
l’arbre, la clairière, la forêt. Il devenait la terre, la galaxie, l’univers.
Il
se sentit tout à coup aspiré dans une spirale bouillonnante. Le voyage dura
quelques secondes – ou peut-être des heures. Le temps ne comptait plus,
n’existait plus.