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21 février 2008

L'Oiseau Bleu

 Dans les feuilles d’un chêne pleure l’oiseau bleu
Et son chant mélodieux n’attire plus personne.
Dans la ville bruyante, un inconnu fredonne
La vielle chanson de son cœur malheureux
L’être solitaire refuse de ce monde

Le hurlement des loups disputant un cadavre
C’est dans son cœur blessé qu’il recherche le havre
Mais il pleure sa misère dans une nuit profonde.

Un jour se fait plus fort le chant de l’oiseau bleu.
Dans la ville stressée, il ne l’entendait pas,
Il survivait à peine, et ne le savait pas.
Pourtant, comme chacun, il faisait de son mieux.

Puis enfin il partit, l’oiseau montrait la voie.
Ce fut un long chemin, le courage manquait,
L’océan lui fit face, il resta sur le quai ;
Le chant le réveilla, lui redonna la foi .

Il embarqua alors sans savoir où aller.
Il observa de près le vol des goélands,
Et ce fut à son tour de prendre son élan.

Au-dessus de la mer, il lui fallait planer.
Epris de liberté, il se sentait radieux.
Il commença les vrilles, les accélérations,
Et même les loopings devinrent une passion.

Il entendait l’oiseau et son chant mélodieux.
Ses ailes grandissaient, il devenait plus fort,
C’est alors qu’il cessa de vouloir à tout prix,
Du chant de l’oiseau bleu, son cœur était épris,
Il découvrit l’Amour, arrêta ses efforts.

Sa conscience éclata dans la lumière des dieux,
Il était l’Univers et il était la Vie,
Et le ciel et la terre se retrouvaient en lui,
Le chant de l’oiseau bleu résonnait dans les cieux.

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Les larmes de l'amour

Peuples en esclavage, sous le joug du Satan,
Corps égarés, errant dans l'espace et le temps,
Ames traînantes, desséchées dans la plaine,
Sol brûlant, désert de feu, terre de Géhenne,

Peuples misérables, ne voyez-vous donc pas?
Vous souffrez mille peines jusqu'à votre trépas.
La peur est votre amie, l'argent votre passion.
Famille désunie n'est que désolation.

Posséder est un bien, mais n'est pas suffisant.
Cessez donc de courir, arrêtez un instant.
Bonheur inaccessible, le croyez-vous vraiment?
C'est dans le lâcher-prise qu'il faut être maintenant.

Vous étouffez l'oiseau dans votre poing fermé.
Ouvrez la porte de votre cœur, Biens Aimés,
Ne tuez pas l'amour en le mettant en cage,
Ne gardez pas la vie dans l'eau des marécages.

Dégelez votre cœur, vivez dans le courant
Tumultueux, généreux et limpide du torrent.
L'eau de la rivière vous montre le chemin,
Au pays du bonheur, vous conduira demain.

... Ou peut-être aujourd'hui, mais acceptez les larmes
Qui ramènent à la Source, et enterrez les armes.
Revenez dans mes bras, enfants de la patrie,
Du jardin de l'Amour, du jardin de la Vie.

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Les barreaux aux fenêtres

Je suis dans mon cerveau. Il est confortable et douillet. Sur le canapé, il y a des coussins de couleur. Un joli tapis couvre le sol. Il est bien meublé, des tiroirs partout, et même un ordinateur.

Mais il y a des barreaux aux fenêtres.

Il est chaleureux. J’y accueille les idées nouvelles que je range dans les tiroirs. Certains sont un peu rouillés. Je ne sais plus trop ce qu’il s’y trouve. Ils sont là, cependant, pleins de vieux souvenirs.

Mais il y a des barreaux aux fenêtres.

Entourée de mes objets familiers, je m’y sens en sécurité. Les coussins de mes habitudes sont larges, chauds et moelleux.

Mais il y a des barreaux aux fenêtres.

 Dans un coin, une petite porte donne sur je ne sais quoi. Peut-être la pousserais-je un jour, car

Il y a des barreaux aux fenêtres.

Et puis tiens, voilà ! Je pousse doucement la petite porte qui grince légèrement. Je regarde derrière moi mon univers douillet, sécurisant. Puis devant. Une brume bleutée occupe le volume. Je ne vois pas le plafond. J’avance à petits pas. La porte derrière moi se referme. Je regarde en arrière, puis à nouveau devant moi. La brume un peu s’estompe, et je vois

des barreaux aux fenêtres.

Je retourne en arrière et ouvre la petite porte. Un grand vent de brume pénètre mon cerveau. Je le croyais seul et m’en découvre deux. Je suis bien dans mon petit cerveau. Je respire un grand coup. Il est confortable et douillet. Il y a maintenant une brume légère, et toujours

des barreaux aux fenêtres.

Alors je pousse à nouveau la petite porte. Que faire de cet espace ? Les barreaux aux fenêtres me sécurisent. Pourtant, il souffle comme un petit vent de changement. Je ne peux rien apporter d’à-côté, la porte est trop étroite.

Et il y a des barreaux aux fenêtres.

Puis, un jour, je m’approche des barreaux aux fenêtres. Dans un geste insensé, guidé par je ne sais quoi, je me glisse avec peine entre deux barreaux. Je me cramponne à l’un d’eux pour ne pas tomber. Mon cœur bat très fort. Tiens ! J’ai un cœur ! A quelques centimètres sous mes pieds, l’herbe est fraîche, verte et bien grasse. J’avance doucement le pied et, sans lâcher mon barreau, je touche le sol. L’autre pied rejoint le premier. Devant moi, un grand pré aux fleurs multicolores s’étale au soleil. Soleil ? oh, non ! Il n’y a pas de soleil. Pourtant, il y a beaucoup de lumière. J’irais bien voir plus loin mais…

il y a des barreaux aux fenêtres.

Il s’est fallu longtemps avant que ma main quitte le barreau de la fenêtre. Quelques pas dans le pré… Il fait bon. C’est si beau. Je regarde derrière moi et vois

les barreaux des fenêtres.

J’avance doucement, jusqu’à un arbre au tronc puissant. Je monte dans ses branches et me blottis dans son cœur. Sa ramure me protège comme autant

de barreaux aux fenêtres.

Je prends goût à l’espace, et redescends bientôt. Traversant le pré, je rejoins la forêt. D’un coup d’œil en arrière, j’aperçois, à la droite du bel arbre,

les barreaux aux fenêtres.

La forêt est vivante. Mille bruits m’interpellent. Je frissonne, et pourtant, les arbres me sont

des barreaux aux fenêtres.

La forêt est douillette, les arbres confortables, la nourriture abonde : baies et plantes sauvages changent mes habitudes. Je peux encore retrouver mes coussins moelleux et mon ordinateur.

Mais il y a des barreaux aux fenêtres.

J’arrive maintenant à la lisière de la forêt. Ma main cramponne une branche d’arbre comme le barreau de la fenêtre, tandis que je regarde l’étendue de sable devant moi. Je cligne des yeux tant il y a de lumière. Je n’oserais jamais ainsi m’exposer… Devant quoi ? devant qui ? Comme le sable doit être chaud, l’étendue infinie,

sans barreau aux fenêtres.

Oh oui ! Comme le sable est chaud et douillet ! Et puis, je vois toujours les barreaux de la forêt. J’avance lentement, puis plus vite, et me mets à danser. L’ivresse me prend, et je tourne et je tourne encore, virevolte comme le vent. Essoufflée, je m’arrête. Il n’y a plus

de barreaux aux fenêtres, il n’y a plus les barreaux de la forêt. Il n’y a plus de forêt. Folle que je suis ! Où est-il mon petit cerveau confortable et douillet 

Avec ses barreaux aux fenêtres ?

Ici, plus rien. Le sable chaud, l’étendue infinie. Le ciel s’obscurcit et je me sens bien seule. Je marche dans la nuit, sans étoile, sans lune, et je tombe dans un puits. Et là, assise au fond du puits, avec les pierres comme barreaux aux fenêtres, je pleure et pleure encore. Fini le cerveau confortable et ses coussins colorés, finie la brume bleutée et

ses barreaux aux fenêtres,

finie la clairière et son arbre puissant, finie la forêt et ses arbres barreaux. A moi l’espace infini ! A moi l’espace infini ? Eh ! Mais oui ! Je remonte à l’air libre, et sans même regarder en arrière les barreaux de pierre du puits, je poursuis ma route. Seule, sans repère, et riche d’un espace infini. Là, je ne fais plus l’espace, je ne l’occupe plus. L’espace me fait, l’espace m’occupe.

Sans barreaux aux fenêtres.

Il n’y a plus de barreaux, il n’y a plus de fenêtres. Il n’y a plus de moi, il y a juste l’espace. Maintenant, devant moi, s’ouvre une oasis. Rêve ou réalité ? Les rêves sont encore

des barreaux aux fenêtres.

J’approche des palmiers. Voilà de beaux barreaux. Un jeune palmier sur moi se penche et me souffle à l’oreille comme un vent de fraîcheur : « racines, racines… ». L’eau limpide de la rivière murmure à mon oreille : « J’arroserai toujours ! Viens boire à ma source ! ». Je ne veux, répondis-je, m’enraciner, et vous en remercie. Car je ne veux plus jamais remettre des barreaux à mes fenêtres. Je n’ai plus ni maison, ni fenêtre, et suis libre comme le vent.

« Traversant le désert, murmura la rivière, tu t’es fondue dans l’espace de sable et d’air. Ta fuite ici s’achève. Il est temps maintenant de lâcher ton cerveau inconscient. Construis ta maison par les cinq éléments. La terre accueille tes racines que j’arrose, avec amour et compassion. Bien ancrée dans le sol, la plante s’épanouit et grandit dans la lumière et le vent de la liberté. L’éther te transmet l’harmonie de l’univers, la paix et l’Amour du Tout-Puissant. Le veux-tu ?

Oui, je le veux ! répondis-je. Aussitôt des racines sortent de mes pieds et s’enfoncent dans le sol, loin, très loin jusqu’au centre de la terre. Me croyant à nouveau entourée de barreaux, je n’ose plus bouger. Alors le vent me pousse et me bouscule. Je lève un pied pour garder mon équilibre… et me mets à danser. Plus légère que jamais, je deviens l’Amour, chaud, douillet, humide et confortable. « Va ! me dit le vent. Va ! Poursuis ta route maintenant. » Alors sans sandales ni besace, je retrouve le désert. J’emporte avec moi mes racines et les cinq éléments.

Vivante, je me sens merveilleusement vivante. A nouveau dans l’espace infini, j’aperçois au loin un cavalier ailé. Il ne s’approche pas. Toujours là cependant, il suit le même chemin. Un jour, je lui fait signe. Et je vois arriver un bel ange blanc au sourire divin. « Je suis ton compagnon et serviteur, me dit-il. Si tu le désires, nous pouvons cheminer ensemble, en parlant, en chantant, ou en silence, comme il te plaira. « Fidèle ami, lui répondis-je, mon cœur te reconnaît. Je me croyais si seule, mes barreaux aux fenêtres, dans mon cadre douillet et confortable, et mon cœur, maintenant, m’avoue ta présence silencieuse, amoureuse et discrète. »

« Toujours à tes côtés, répondit l’ange, je te suivais pas à pas, attendant patiemment l’ouverture de ton cœur. Le jour fut béni où tu as quitté ton cerveau et ses barreaux aux fenêtres, et celui aussi où tu es descendu jusqu’au puits de ton cœur. Le temps viendra bientôt où nous pourrons, si tel est ton désir, nous unir à nouveau. »

Cheminant côté à côté, nous voilà arrivant à une nouvelle oasis. De belles musiques se font entendre, flûtes et tambours chantent joyeusement. A peine arrivée, deux jeunes filles m’emmènent en riant. Elles me vêtent des plus beaux habits et de somptueux bijoux, et me mènent à la noce. A la noce de qui ? demandai-je ravie. Et dans un rire divin, elles m’entraînent et me posent à côté de mon bel ange blanc. Nous nous regardons. « Le veux-tu ? », me demande-t-il ? « Je le veux ! ». Nos deux mains se rejoignent et nous fusionnons. Des cris de joie s’élèvent, et des chants d’allégresse. Puis le vent délicat murmure à mon oreille : « Ne t’arrête pas, surtout. Va vers la Montagne sacrée. »

Alors nous reprenons la route, le chemin invisible du désert silencieux. Mes pieds caressent la terre, le vent léger chante dans mes cheveux. La montagne à l’horizon se dessine, majestueuse. Ne t’arrête pas, me chuchote le vent. Ne t’arrête pas. Après quelques efforts, j’arrive au bas des marches. Mon ange à l’intérieur me demande : « Le veux-tu ? » Je lève alors les yeux et, me rappelant les paroles du vent, je réponds fermement : « Je le veux ! ».

Je monte la première marche et comprends : il n’y a jamais eu

de barreaux aux fenêtres.

Je veux regarder une dernière fois en arrière et j’entends : Non ! Un « Non » d’amour et d’espoir qui me fit lâcher mes dernières attaches,

les barreaux cachés de mes dernières fenêtres.

Plus ancrée que jamais, légère comme la plume au vent, je gravis aisément les deux marches restantes et la pente douce de la Montagne sacrée. Je suis rempli de joie et d’amour et de paix. Mille rayons d’or fusent de mes mains. Une musique céleste m’accueille au sommet, des anges blancs m’entourent, et le vent à mes oreilles murmure : « Ne crains pas maintenant ce que je vais te dire : il te faut retourner sur la terre. N’oublie cependant jamais cela : il n’y a jamais eu

de barreaux aux fenêtres.

Garde ton cœur ouvert. L’Univers t’appartient désormais. »

Alors en soupirant je regarde à mes pieds et ramasse un objet :

un petit barreau d’or dans un cadre doré !

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17 février 2008

Ni bien ni mal

Crées à l’image et à la ressemblance de Dieu, nous sommes parfait comme Lui est parfait. Dieu ne peut que créer la perfection, et donc Il ne peut que créer l’Amour. Parfait, la femme et l’homme ne peuvent, également, que créer l’Amour.

Quand on regarde autour de soi, cette affirmation a de quoi choquer. Pourtant, elle est admissible si l’on accepte l’idée que le Bien et la Mal sont un concept permettant de classer les pensées et les actes en fonction du système de pensées de notre société, et de notre conditionnement. D’un bien peut naître un mal, et d’un mal peut naître un bien. Ce qui est bien pour une femme, un homme ou une société, peut être un mal pour une autre femme, un autre homme ou une autre société. Ce qui est bien un jour, ou un siècle, peut être mal le lendemain, ou le siècle suivant. Ces deux notions sont très relatives.

A partir du moment où l’on crée le concept de bien et de mal, on crée le jugement. Il est donc fonction, lui aussi, de notre conditionnement et, de ce fait, toute la « justice » dépend du même système de pensées. Le mal, c’est ce qui est défendu par le droit, la morale, la religion. Mais le bien n’est pas pour autant ce qui est autorisé, et il faut parfois faire ce qui est défendu pour qu’en sorte un bien.

 Conformément à la loi de cause à effet, on voit bien que, si l’on agit de telle manière, l’effet produit sera le chaos et la souffrance, et si l’on agit autrement, ce sera le plaisir. Parfois même, une même action provoque le malheur pour l’un et le plaisir pour l’autre. Or le plaisir comme la souffrance ne sont ni bien ni mal. La notion de bien et de mal est un garde-fou, et en cela, elle est nécessaire à un moment donné. C’est une loi sociale qui permet de vivre à peu près en bonne intelligence. Il suffit pour cela de provoquer un consensus à peu près général quant à la définition de ce concept.

 Le sage s’en affranchit. Il ouvre son esprit sur l’espace infini, et trouve la liberté dans les grandes lois universelles. Il ne le focalise par sur un système complexe de règles sociales plus ou moins efficaces. Les choses sont ce qu’elles sont. Pas de concept, pas de jugement. Il ne démissionne pas pour autant. On peut s’investir sans juger, agir sans critiquer. Développer l’amour et la compassion est un art, une occupation quotidienne, un engagement de chaque instant.

La perfection n’est pas synonyme de bien. Elle est, c’est tout. Il n’est pas possible, selon notre entendement, de définir cette notion. Ce serait la conceptualiser. Pourtant, chaque être humain la recherche, consciemment ou non. En fait, nous recherchons ce que nous avons en nous, de toute éternité, et que nous croyons avoir perdu. Nous sommes nostalgiques du paradis et pourtant, il est là, juste derrière la porte de notre cœur .

 Nous avons été crées parfaits, mais nous n’avons pas conscience de l’être. La notion du bien et du mal que nous avons créée en nous croyant séparés de Dieu et un voile qui obscurcit notre vue et nous empêche de Le contempler à nouveau. Du coup, il nous faut nous conformer aux lois de la matière, jusqu’au moment où nous en avons assez de suivre le cycle des naissances et des morts. La souffrance que nous y trouvons nous permet de prendre conscience de notre divinité. Il n’est plus nécessaire alors de maintenir le voile de l’ignorance.

 Esprit parfait, nous sommes aussi un corps parfait. Esprit de lumière, débarrassés de nos créations hasardeuses, nous pouvons pleinement pénétrer la matière, si nous la considérons elle aussi comme parfaite. Nous la transcendons. Nous avons malheureusement créé la notion de corps parfait à partir d’un concept d’esthétique complètement artificiel, variable selon les siècles et les civilisations, et nous rejetons ou méprisons tout ce qui ne rentre pas dans ce moule. Ainsi, esprit voilé et corps méprisé connaissent la souffrance, jusqu'à la prise de conscience que la cause de la souffrance n’est que le refus de voir la perfection et de reconnaître notre droit à l’héritage divin, à l’Eveil, et au pouvoir créateur.

 Des siècles de culture judéo-chrétienne nous ont inculqué que le corps est impur et objet de péché. Or nous créons notre corps, soit en utilisant une notion confuse et réductrice du bien et du mal, soit en utilisant notre pouvoir divin de créer la perfection. Si l’esprit est clair, le corps sera clair. Si la vue est pure, l’être vivant pourra voir la vie telle qu’elle est réellement, la pureté, la perfection. Alors il échappera au cycle des naissances et des morts, sauf à vouloir vivre ces souffrances pour le biens de tous les êtres. Jésus et Maire ont transcendé la matière, ils sont montés au Ciel , ils ont rejoint d’autres niveaux de conscience avec leur corps physique, pour nous inviter à les suivre, jusqu’au bout, jusqu'à la Réalisation du Corps-Esprit, jusqu'à l’union du Ciel et de la Terre.

 Il nous faut pour cela reconquérir notre corps, remercier chaque être qui le compose, et l’encourager à manifester la perfection en lui faisant confiance. Il est le Temple de l’Esprit. Il est resté plus proche que notre esprit de la nature divine et parfaite. Esprits éclairés, nous pouvons à nouveau nous unir à lui et retrouver notre place auprès de Dieu, au paradis terrestre.



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La légende de Pierre le Bienheureux

 Pierre se promenait dans une épaisse forêt qu’il connaissait depuis toujours. Il éprouva l’envie de se reposer un moment. Il rejoignit donc la clairière au cœur de laquelle trônait un magnifique cèdre. Il caressa l’énorme tronc avec amour, comme pour prévenir la masse imposante de sa présence, l’amadouer, afin de pouvoir se blottir contre lui. Il resta un instant immobile, la joue et les paumes des mains collées au tronc chaud. Il sentait battre le cœur de l’arbre et, sous ses doigts, circuler le sang régénérateur.

 Pierre s’écarta ensuite de ce tendre protecteur pour se coucher à ses pieds, la tête appuyée contre la racine de ses membres qui pénétraient la terre, puisaient la force de vivre au sein de la mère nourricière. Il respira profondément, ferma les yeux, captant les vibrations du sol dans son dos. Il sentait l’énergie de la terre monter le long des racines en envahir le tronc. Peu à peu, il devint lui-même énergie. Il lui semblait que ses atomes se détendaient, s’écartaient les uns des autres. Il se fondait dans la racine, passait dans le tronc, occupait le cœur de l’arbre. Il devenait le cèdre majestueux, il devenait l’arbre, la clairière, la forêt. Il devenait la terre, la galaxie, l’univers.

 Il se sentit tout à coup aspiré dans une spirale bouillonnante. Le voyage dura quelques secondes – ou peut-être des heures. Le temps ne comptait plus, n’existait plus.

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16 février 2008

Colonne de Lumière

Je suis une colonne de Lumière. Une émanation de la Lumière divine comme tant d'autres. Comme, mais pas pareille. Chaque colonne de lumière est unique. Chacune est une des multiples manifestations de Dieu.

Imaginons un météorite de feu pur. En entrant dans l'atmosphère, il se charge de particules de toutes sortes, à tel point que sa lumière en est occultée. En s'incarnant, dans une famille, par le jeu de deux colonnes de Lumière, la colonne de Lumière s'est chargée d'histoires, de mémoires, de traumatismes, de secrets, de ces familles, de sa patrie, de sa planète...qui se cristallisent. Ainsi lourdement chargée, elle oublie sa Source et devient un individu, indépendant et solitaire. Ainsi elle accumule en plus, encore et encore, ses propres histoires, ses propres traumatismes...

Pourtant, elle est toujours colonne de Lumière. Comme le miroir qui n'est jamais sale, mais porte sur lui la poussière, la colonne de Lumière est Pure Nature de l'Esprit. Elle a juste oublié.

« Deviens ce que tu es ».

« Brise les chaînes de ces histoires qui ne t'appartiennent pas. »

Brise les chaînes de ces pensées qui ne t'appartiennent pas.

La colonne de Lumière ne pense pas. Elle est. Ici et maintenant. De tout ce fatras qu'elle a récupéré naissent les pensées de l'individu qu'elle croit être devenu. Ce fatras s'appelle cerveau/corps. Cristallisation des histoires-mémoires...agrégat de substances qui, à son tour, crée le corps-matière. La colonne de Lumière se matérialise, se densifie. Mais comme la Terre, elle porte en son ventre le Feu du Ciel. Elle a juste oublié. Elle EST Feu du Ciel.

Alors l'ego se met à penser. Pas la colonne. Mais elle s'identifie à lui dont elle a pris le vêtement.

Brise les chaînes... et soit en Paix. En Paix avec ces mémoires, ces histoires, ces traumatismes, ces secrets...Apporte-leur ta Lumière, émanation du Divin. Aime-les. C'est de la Lumière en devenir. Le dragon de la caverne, Gardien du Seuil, devient Dragon Blanc, compagnon protecteur de la Lumière, sur le chemin du Grand Retour.

Posté par penseeslibres à 17:20 - Voyageur de l' Espace Temps Terrestre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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